Et si on arrêtait de culpabiliser ?

« Tu aurais dû faire autrement. Tu n’es pas assez présente. Tu aurais dû rester avec les enfants. Tu aurais dû aller courir… ou au contraire rester à la maison. »

Tu connais cette petite voix qui te répète sans arrêt ce genre de phrases ? Cette voix, on l’a presque toutes. Et le pire, c’est qu’on finit par croire qu’elle est normale. Comme si vivre avec un sentiment de culpabilité permanent faisait partie du rôle de femme, de mère ou de compagne.

Pourtant, j’ai compris une chose avec le temps : culpabiliser ne sert absolument à rien.

Je ne suis pas là pour te donner des leçons. D’ailleurs, je suis probablement la pire personne pour ça. Je culpabilise pour à peu près tout : ce que j’ai dit, ce que je n’ai pas dit, ce que j’ai fait, ce que je n’ai pas fait… Bref, si culpabiliser était un sport, je crois que je serais championne du monde. 😅

La culpabilité ne change pas le passé. Elle n’a aucun impact sur l’avenir. Elle te fait uniquement souffrir dans le présent.

Tu peux retourner une situation dans tous les sens pendant des heures, des jours ou même des semaines, ce qui est fait est fait. Tu ne peux plus revenir en arrière. Alors pourquoi continuer à te punir mentalement ?

La seule question qui mérite vraiment ton énergie est celle-ci : « Qu’est-ce que je peux faire maintenant ? » Parce que c’est uniquement là que tu as du pouvoir.

Pourquoi culpabilise-t-on autant ?

Une grande partie de cette culpabilité vient des injonctions que la société nous impose depuis toujours. On nous demande d’être une bonne mère, une bonne compagne, une bonne salariée, une bonne amie, de prendre soin de notre maison, de cuisiner équilibré, de faire du sport, d’être disponible pour tout le monde et, si possible, de garder le sourire.

On veut nous faire croire qu’une femme doit réussir partout : au travail, avec ses enfants, dans son couple, faire du sport, avoir une maison impeccable, cuisiner maison, voir ses amis, prendre soin d’elle… et tout ça avec le sourire. Soyons honnêtes : c’est impossible.

Si tu cours après cette perfection, tu perdras toujours. Non pas parce que tu n’es pas assez forte, mais parce que l’objectif est irréalisable. Une journée ne dure que vingt-quatre heures. À un moment, il faut accepter que l’on ne peut pas être partout, tout le temps. Et ce n’est pas un échec. C’est simplement la réalité.

À vouloir être partout pour tout le monde, on finit souvent par être nulle part pour soi-même.

Et à force de vouloir tout gérer parfaitement, on finit surtout par s’épuiser. Tu n’as pas besoin d’en faire toujours plus. Tu as parfois simplement besoin d’accepter que tu fais déjà de ton mieux.

Et celles qui donnent l’impression d’y arriver ? Elles ne te montrent qu’une partie de leur vie. Sur les réseaux sociaux, on choisit ce que l’on partage. Tu vois une maison impeccable, mais pas le linge qui déborde dans la pièce d’à côté. Tu vois une femme qui court tous les jours, mais tu ne vois peut-être pas qu’elle est aidée par son conjoint, une nounou ou ses parents. Tu vois une carrière qui fonctionne, mais tu ne vois pas les sacrifices qu’il y a derrière. Personne ne réussit tout, partout, tout le temps et sans aide. Les réseaux sociaux montrent un instant de vie, pas la réalité du quotidien.

On est souvent notre pire juge

Mais la pression ne vient pas uniquement de la société. Elle vient aussi de nous. Beaucoup d’entre nous ont grandi avec l’idée qu’il fallait toujours bien faire, faire plaisir, penser aux autres avant soi et ne jamais déranger. Alors, dès qu’on décide de prendre une heure pour courir, lire, boire un café en terrasse ou simplement respirer, une petite voix nous souffle qu’on est égoïste.

Au début, quand j’ai commencé à m’accorder du temps pour moi, notamment pour aller courir, je culpabilisais énormément. Dans ma tête, partir une heure signifiait ne pas faire les devoirs, ne pas donner le bain, ne pas préparer le repas ou laisser mon conjoint gérer seul. J’avais l’impression d’être une mauvaise mère parce que je choisissais, pour une fois, de penser un peu à moi.

Avec le recul, je me rends compte que cette pression, c’est moi qui me la mettais. En réalité, tout se passait très bien quand je n’étais pas là. Les enfants faisaient leurs devoirs, le bain était donné, le repas était prêt. Personne ne m’en voulait. Personne ne me reprochait de partir. C’était uniquement dans ma tête.

Bien souvent, la culpabilité est une histoire que l’on se raconte à soi-même.

La culpabilité est aussi une émotion très féminine. Depuis toujours, on apprend aux femmes à prendre soin des autres avant de prendre soin d’elles-mêmes. Alors, dès qu’elles s’accordent du temps, elles ont l’impression de faire quelque chose de mal.

Et je suis à peu près sûre que ton mec ne culpabilise pas, lui, quand il part faire son sport, boire un verre avec ses copains ou regarder un match pendant trois heures… 😅

Alors pourquoi, nous, on aurait l’impression d’être de mauvaises mères ou de mauvaises compagnes simplement parce qu’on s’accorde une heure pour courir ou prendre du temps pour nous ? Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, tu ne trouves pas ?

Nous, on est capables de culpabiliser parce qu’on est allées courir… tout en culpabilisant de ne pas être allées courir la veille. Avoue, ça sent le vécu, non ? 😂

On ne peut pas faire tenir 48 heures dans une journée

Il faut aussi regarder la réalité en face. Aujourd’hui, tout va plus vite. Les journées sont remplies, les sollicitations sont permanentes et, dans la majorité des familles, les deux parents travaillent. Les femmes jonglent souvent entre leur emploi, les enfants, les rendez-vous, les courses, les repas, les tâches administratives et cette fameuse charge mentale dont on parle de plus en plus. On nous demande d’être performantes partout. Alors forcément, il arrive un moment où l’on ne peut plus tout faire. Ce n’est pas parce que tu es incapable. C’est simplement parce que personne ne peut faire tenir quarante-huit heures dans une journée de vingt-quatre.

6 conseils pour arrêter de culpabiliser

Je ne vais pas te dire d’arrêter de culpabiliser. Si c’était aussi simple, personne ne le ferait. En revanche, tu peux mettre en place quelques réflexes qui t’aideront à prendre du recul et à ne plus laisser cette émotion décider à ta place.

1

Demande-toi si cette culpabilité t’aide vraiment

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Pose-toi cette simple question : « Est-ce que cette culpabilité m’aide à avancer ? » Si la réponse est non, alors elle ne mérite probablement pas autant de place dans ta tête. Si, au contraire, tu peux réparer quelque chose, passe à l’action. L’action soulage bien plus que la culpabilité.

2

Remplace les « J’aurais dû… » par « La prochaine fois, je ferai… »

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Ce petit changement de vocabulaire paraît anodin, mais il est puissant. Le premier te maintient bloquée dans le passé. Le second te pousse à chercher une solution et à avancer.

3

Fais la balance bénéfices-risques

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Tu culpabilises parce que tu pars courir une heure ? Demande-toi honnêtement : est-ce que cette heure va réellement changer la journée de tes enfants ? Ou est-ce que ton cerveau imagine simplement le pire ? La plupart du temps, les conséquences sont bien moins graves que ce que l’on croit. En revanche, cette heure peut te rendre plus sereine, plus patiente et de meilleure humeur. Finalement, qui y gagne vraiment ?

4

Parle-toi comme tu parlerais à une amie

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Si ta meilleure amie venait te dire : « Je culpabilise parce que je suis partie courir une heure. » Lui répondrais-tu qu’elle est égoïste ? Probablement pas. Alors pourquoi es-tu aussi dure avec toi-même ? Nous sommes souvent beaucoup plus bienveillantes avec les autres qu’avec nous-mêmes.

5

Accepte que tout ne soit pas parfait

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Une maison en désordre, un repas improvisé, une séance de sport annulée ou une lessive en retard ne définissent pas la personne que tu es. Tu n’as pas besoin de tout réussir tous les jours pour être une bonne mère, une bonne compagne ou une bonne professionnelle.

6

Arrête de te comparer aux autres

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Tu compares les coulisses de ta vie aux meilleurs moments de celle des autres. Les réseaux sociaux ne montrent qu’une partie de la réalité. Personne ne gère parfaitement son travail, ses enfants, son couple, sa maison, son sport et sa vie sociale, tout le temps et sans aide.

Tu n’as pas besoin d’être parfaite

Oui, il y aura des jours où tu oublieras quelque chose. Des repas moins équilibrés, une séance de sport annulée, une maison en désordre ou une journée où tu manqueras de patience. Et alors ? Tu n’es pas un robot. Tu es un être humain. Les êtres humains font des erreurs, ont des limites, se fatiguent, doutent et apprennent chaque jour. La perfection n’existe pas.

En revanche, avancer malgré ses imperfections, ça, c’est possible. Et c’est probablement le plus beau cadeau que tu puisses te faire. Arrête de vouloir être parfaite. Fais simplement de ton mieux. Certains jours, ce sera extraordinaire. D’autres, ce sera juste suffisant. Et tu sais quoi ? Suffisant, c’est déjà très bien.

Tes enfants ne se souviendront jamais d’un panier de linge en retard, d’un repas surgelé ou d’une maison un peu en désordre. En revanche, ils se souviendront d’une maman plus sereine, plus disponible et plus heureuse.

La culpabilité ne change pas le passé. Elle n’a aucun impact sur l’avenir. En revanche, elle peut te voler ton présent.

Si cet article pouvait t’enlever une seule chose aujourd’hui, ce ne serait pas ta culpabilité. Ce serait l’idée que tu dois être parfaite. Parce que tu n’en as jamais eu besoin pour être une bonne mère, une bonne femme ou une bonne personne.

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